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Archive de la catégorie ..Projet et livres
Le partage des richesses
5.7.2008 par Hugues.
Ou comment je me suis inspiré de mon expérience de DSI pour écrire ce chapitre.
Pour progresser et faire progresser la DSI, rien de tel que les club, les échanges entre collègues, les salons, le retour d’expérience des autres. J’étais membre de l’ADIRA et DSI-74, une source de progrès unique.
_______________________________
On ne retient que 10% de ce que l’on lit et plus de 50% quand on échange avec les autres.
_______________________________
Extrait du livre La stratégie d’Hugo
Nous avons un problème de taille à résoudre. Les termes de l’équation sont en effet les suivants. (1) Le réchauffement climatique est global, le problème des ressources concerne toute la planète. (2) Il n’y a pas un seul responsable, mais plusieurs milliards. (3) Si certains sont plus avancés que d’autres, nos compétences sont plutôt limitées. (4) Le boum des produits et services respectueux de l’environnement ne se fera pas par l’opération du Saint Esprit. (5) Les associations, les collectivités, les gouvernements ne peuvent à eux seuls tout résoudre.
(6) Très important : si le problème est global, les solutions sont avant tout locales, il faut Agir sur chaque foyer, faire du porte à porte, dans chaque village, ville, région, dans chaque entreprise et collectivité. Il n’y a pas de solution unique qui convienne à tout le monde. L’adresse d’un magasin ou d’une association, les dates d’un évènement sur ce thème, la formation et l’aide sont à dénicher au niveau local, près de chez vous. En théorie les solutions existent, mais la mise en œuvre et les interlocuteurs ne seront pas forcément les mêmes à Paris, Marseille, Jenlain (mon village d’enfance dans le Nord), New-York, Tokyo, Oslo, dans votre ville ou dans votre village …
Nos richesses.
A force de lecture, d’information, de reportages, de recherches, d’essais, de rencontres, nous avons tous progressé dans le domaine de la préservation de l’environnement. Nous nous sommes formés, nous avons acquis du savoir-faire et le coup de main.
Nous avons quelques compétences, elles sont précieuses pour l’environnement, ce sont nos richesses.
Le bon geste, c’est de le partager. Le bon réflexe, c’est la solidarité.
Connaître les bons gestes pour préserver l’environnement est une vraie richesse. Mais LE bon geste, c’est justement de le partager avec les autres, avec tous les autres, avec le monde entier même. Enfin, dans un premier temps, vous commencerez par votre entourage, votre monde.
Partager ses richesses, échanger avec les autres doit vous permettre de passer de la théorie à la pratique beaucoup plus rapidement. Si vous vous échangez des bons tuyaux, des bons gestes, cela vous évitera de réinventer l’eau chaude. Si un de vos amis a trouvé une solution ultrasimple, copiez-la, vous gagnerez du temps. Il pourra vous entraîner et vous aider à vaincre la barrière de l’eau froide. On se fait parfois en effet une montagne d’un problème et quand on nous plonge dans la solution, on se demande pourquoi on ne s’est pas jeté à l’eau plus tôt. Partager ses richesses, c’est aussi se partager le travail pour trouver une solution à un problème commun.
Si certains sont plus en avance que d’autres, le bon réflexe c’est la solidarité, c’est d’entraîner les autres dans tous les sens du terme.
Ce partage des richesses, il faut le faire le plus souvent possible, avec vos amis, votre famille, vos collègues. Il permettra de faire circuler l’information, les bonnes pratiques, localement et rapidement. C’est une méthode qui génère une certaine émulation.
Partager les richesses, est-ce efficace ? Oui, ça se pratique dans beaucoup d’autres domaines (industrie, recherche, éducation …) avec succès.
Le problème est global et vous êtes le centre du monde.
Pour être plus précis, vous êtes au centre de votre monde, au centre de votre réseau. Votre famille, vos amis, vos connaissances professionnelles et extraprofessionnelles.
C’est une des clés qui devrait nous permettre de résoudre notre problème global. Au sein de votre monde, vous serez un relais d’information et de bonnes pratiques. Il n’y a que vous pour faire passer ces informations au niveau local, au niveau de chaque foyer, de chaque personne.
L’objectif est de trouver rapidement de l’information, comme : l’adresse, le n° de téléphone, le site internet ou l’email … d’un artisan, d’un magasin, d’un spécialiste, d’une association ou la date et le lieu d’un événement (foire, exposition, conférence, marché …). Mais aussi trouver le nom précis d’un produit, le titre d’un livre, d’un magazine, un conseil de lecture, afin de faire le bon choix pour sélectionner les produits et les services les plus respectueux de l’environnement et des hommes …
Les thèmes qui peuvent être abordés sont nombreux. Ils concernent la vie de tous les jours : la nourriture, l’habillement, les soins du corps. Pour votre maison : l’aménagement, l’ameublement, la décoration, les modes de chauffage, l’isolation, la consommation en eau ou électrique, le jardinage, le bricolage, l’entretien. Pour votre travail, votre famille, vos loisirs : les modes de transports, la voiture, le sport, les sorties, les vacances, les cadeaux, l’éducation …
Le principe du partage d’information est simple, déjà éprouvé dans d’autres domaines. Partager ses richesses, doit devenir un rituel, comme dire bonjour, s’échanger des cartes de visite ou prendre le café.
Pourquoi pas, mais … avec qui ? Vos moyens d’Agir sont au niveau local, la formation sur le terrain, la mise en œuvre pratique c’est proche de chez vous qu’il faut l’avoir. Donc il faut le faire avec son entourage, ses proches, ses collègues de travail. Avec tout votre monde.
Quand et où ? A toutes les occasions de la vie courante ou professionnelle. Lors d’une soirée chez des amis, à la machine à café, lors d’un goûter, une balade dans la nature ou d’un shopping en ville. N’importe quand, n’importe où. Vous pouvez y consacrer 30 secondes comme toute une après-midi. Plus vous y consacrez du temps, plus vous échangez, plus vous êtes riche.
S’il faut voir grand, commencez petit. Testez avec vos amis ou vos proches. Entraînez-vous en petit nombre, puis progressivement élargissez le cercle. C’est indispensable pour acquérir un minimum d’expérience. Prêtez-vous les livres d’écologie. Echangez-vous les articles de revues, les magazines, des adresses internet …
Les risques ? Le partage des richesses n’a d’intérêt que si le plus grand nombre s’inscrit dans cette démarche. Sinon, après avoir fait trois fois le tour de vos amis, la source d’idées nouvelles va rapidement se tarir. Pour que ça marche, il faut qu’il y ait création de richesses en permanence, il faut donc échanger avec le plus grand nombre.
Le saviez-vous ?
On retient environ
- 10% d’une lecture ;
- 50% de ce que l’on entend et on voit ;
- 90% quand on parle et on fait … quand on partage.
Hugo : Quel objectif ? Je suis un utopiste, mais mon rêve serait que partout dans le monde, dans chaque immeuble, chaque quartier, chaque village, chaque ville, on organise, des millions de rencontres, de soirées, de fêtes, dont le thème principal serait le partage des richesses. Le mot d’ordre serait facile à retenir : Fête la Terre !
Je sais, je rêve, mais je suis là pour ça.
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L’appel aux dons
5.7.2008 par Hugues.
Ou pourquoi j’ai créé ce blog…
Extrait du livre : La stratégie d’Hugo
Convaincre le plus grand nombre nécessite de toucher une multitude de personnes, une grande diversité de cultures, de langues, de patois. Des gens qui ont tous leur particularité, des métiers, des goûts, des loisirs et des passions différentes. Chacun vivant dans une sphère, une communauté, un monde qui lui est propre. Si on veut être efficace, convaincant, il ne peut y avoir une seule façon de s’adresser à cette gigantesque diversité, à ce patchwork qu’est le monde. Il faut adapter le message à son interlocuteur, trouver les mots justes, trouver la bonne approche. Personne ne peut prétendre pouvoir réussir ce tour de force. Sauf vous peut-être. Car vous avez des dons que nous n’avons pas forcément. Des dons fort utiles pour faire face à cette énorme diversité. Loin d’être exhaustif, nous ne parlerons dans ce chapitre que : de la passion, des savoir-faire et des pouvoirs magiques.
La passion.
Parlons tout d’abord des défenseurs de l’environnement les plus médiatiques comme Al Gore, Jean-Louis Etienne, Nicolas Hulot et Yann Arthus Bertrand en France, pour ne citer qu’eux. Ce sont des passionnés dans leur domaine : la politique, l’exploration, les grands reportages, la photographie. Ils ont mis leur passion au service d’une cause. Ce n’est pas un hasard. C’est là où ils sont le plus à l’aise, ils y prennent du plaisir. D’autres utilisent leurs dons, leur passion, ils sont chanteur, humoriste, sportif, peintre, dessinateur, musicien, artisan, ouvrier, cuisinier, écrivain, poète, employé … Qu’ils soient professionnels ou amateurs, ils conjuguent passion et environnement. Ne faites pas comme eux, ne les imitez pas, mais faites comme eux, utilisez votre passion, votre hobby, là où vous êtes le plus à l’aise, là où vous le ferez avec plaisir. Vous n’en serez que meilleur. Vous ne toucherez peut-être pas toute la planète, mais vous serez plus percutant que moi ou tous les grands noms de l’environnement auprès de vos proches, du cercle d’amis qui partagent la même passion que vous, au travail, bref dans votre « monde ».
Les savoir-faire.
Que ce soit dans votre sphère professionnelle, dans votre cercle d’amis, dans votre monde de passionnés, dans votre communauté … la langue, les langages, les codes, les us et coutumes sont différents. On ne s’adresse pas à un comptable, un médecin, un informaticien, un footballeur, un religieux, un européen, un africain de la même façon. Si on veut être écouté et compris, il faut lui parler dans son langage, avec son vocabulaire et utiliser la bonne approche, respecter les usages et coutumes. Il n’y a pas une façon universelle de faire passer un message. Il faut savoir le dire et savoir s’y prendre. Ce qui est sûr, c’est que vous êtes le mieux placé pour toucher tout votre « monde ».
Les savoir-faire, ce sont aussi les compétences que vous avez développées dans votre vie professionnelle, votre métier ou vos passions … Que ce soit en entreprise, dans le sport, dans le domaine artistique ou culturel, il n’y a pas de hasard dans la réussite. Il faut le savoir-faire. Vous avez imaginé, appris et mis en œuvre des méthodes, des stratégies qui vous ont permis de gagner des compétitions ou de faire des progrès significatifs dans votre domaine. Demandez-vous comment vous pourriez les utiliser dans le domaine de la préservation de l’environnement pour sensibiliser, convaincre le plus grand nombre ou Agir.
Les pouvoirs magiques
Dans votre vie professionnelle, dans vos passions, vos loisirs, dans votre entourage, vous avez sans doute la capacité de faire bouger les choses. Vous avez peut-être la possibilité d’intégrer la préservation de l’environnement dans les objectifs que vous fixez à vos collaborateurs, les membres de votre club ou votre association, votre famille. Chacun dans son monde, à son niveau, en fonction de ses responsabilités peut faire bouger les choses.
Je n’ai pas de dons particuliers, mais j’ai choisi les métaphores pour faire passer ces messages. J’aime le bricolage, le petit bouchon avec sa ficelle ne sont pas un hasard, je pense. Enfin, pour La stratégie d’Hugo, je me suis inspiré de méthodes déployées dans le cadre de l’entreprise. C’est une façon d’aborder le problème, une stratégie, elle ne pourra pas toucher tout le monde.
C’est pour cette raison que je fais appels à vos dons. Vous saurez traduire ce message, mais aussi les messages des grands noms de l’environnement, vous saurez les faire passer, vous choisirez la bonne approche, vous trouverez une meilleure tactique, celle qui est adaptée à votre monde.
Quel niveau d’engagement ? S’engager pour la préservation de l’environnement ce n’est pas forcément aller manifester, œuvrer dans une ONG, une fondation ou une association. Ce n’est pas forcément s’inscrire dans un parti politique ou aller débattre dans des meetings. Il peut y avoir plusieurs niveaux dans l’engagement. Vous pouvez y consacrer 5 minutes par jour comme toute votre vie. Simplement en affichant vos idées, votre désir de partager vos richesses ou plus fortement en en faisant votre passion. Tout dépend de vos moyens, votre disponibilité, vos compétences … et votre caractère.
Nous avons tous un caractère qui nous est propre, qui fait de nous un être unique. Il nous donne parfois de la force ou de l’apathie, du courage ou de la timidité. Vous pouvez évoluer en termes de compétences techniques, apprendre un nouveau métier, une langue étrangère, un sport. Mais notre caractère sera plus difficile à changer. Si je peux me permettre un conseil, surtout, gardez votre propre caractère, moi je garderai mon propre (sale) caractère. Choisissez votre tactique, votre approche, votre technique et vos supports. Il n’y a pas de meilleure technique, de meilleur choix. Chaque engagement a sa propre valeur, sa propre utilité. C’est le nombre et la diversité des approches qui peuvent provoquer un déclic et non l’uniformité ou la performance de quelques uns. Dans une réaction en chaîne, ce ne sont pas quelques atomes qui provoquent le boum, c’est l’agitation de chacun, à son niveau, qui alimente et accélère la réaction. Donc, ne faites point comme (.com ) les autres, ne faites point comme avant. Usez de votre créativité et de vos passions. C’est de la diversité, de l’agitation et de l’énergie qu’il faut pour provoquer un boum.
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Nous n’avons pas les mêmes valeurs
5.7.2008 par Hugues.
Les experts nous conseillent de travailler trois axes : Sensibiliser, c’est-à-dire expliquer le contexte et l’état des lieux. Convaincre, de se mobiliser. Et enfin Agir, c’est à dire expliquer comment faire et mettre en œuvre.
Pour Sensibiliser, certains font appel à l’image (photos, reportages), à la chanson, à l’analyse des données scientifiques brutes. Dans mon livre Le scénario Titanic (éditions Jouvence), j’utilise les métaphores. Pourquoi ?
Parce qu’entre la Terre et nous, tout nous sépare. Nous mesurons à peine deux mètres, elle fait environ 12 600 000 mètres de haut. Nous vivons cent ans, elle a 4 milliards d’années. Notre cœur bat plus d’une fois par seconde, soit environ 4 milliards de fois en cent ans, pour la Terre une seconde de son temps, c’est une année pour l’homme. Une évidence :
Nous n’avons pas les mêmes valeurs.
Dès que nous parlons de la Terre, nous sommes amenés à raisonner sur des échelles de distance et de temps qui nous dépassent. Nous ne manipulons jamais ces grandeurs dans notre vie de tous les jours. Comme pour les grosses sommes d’argent, il arrive un moment où celles-ci ne veulent plus rien dire. Lorsque l’on parle de 6,5 milliards d’individus sur terre, peu de personnes arrivent à mettre une réalité sur ce nombre. Au-delà du millier de personnes, cela dépasse notre capacité d’intégration. Lorsque l’on parle de millions d’hectares de forêts qui disparaissent chaque année, peu de gens sont en mesure de comprendre ces chiffres et leurs implications. Si on nous parle de Gigatonnes de CO2 libérées dans l’atmosphère chaque année, que comprenons-nous réellement ?
Les phénomènes concernent l’ensemble de la planète. L’échelle d’espace est démesurée. Nous raisonnons tous les jours sur des distances ou des surfaces qui ne dépassent pas les 100 kilomètres ou la centaine de m². Pour la majorité d’entre nous, les phénomènes sortent de notre champ de perception.
En outre, ces phénomènes se déroulent sur des dizaines d’années. Une dizaine de seconde à l’échelle de la planète, mais pour nous humains, c’est bien au-delà de notre capacité à envisager l’avenir. Dans notre vie de tous les jours, nous raisonnons sur une échelle de temps qui va de la journée à la semaine, parfois au mois ou sur l’année, très rarement sur plus de dix ans.
Notre cerveau n’est pas habitué à manier ces échelles de temps et d’espace. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’est un manque de pratique. Si on fait un parallèle avec le sport, ce n’est pas parce que vous savez bien courir le 100 et le 400 m que vous savez courir le 5000 ou 10.000 m avec la même aisance.
Pour contourner cet obstacle, il faut raisonner en termes de génération et non d’année. Mettez-vous dans la peau de vos enfants : « Quel avenir pour eux ? Comment fera-t-on dans trente ans sans ce type de ressources ? ».
Utiliser des métaphores permet aussi de réduire les échelles de temps et d’espace; d’observer le passé et parfois de prévoir l’avenir. Lire en ligne C’est la fête au village
Extrait du livre Le scénario Titanic
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Les 3 ères
5.7.2008 par Hugues.
Nous vivons actuellement une période totalement inédite sur Terre. La conjonction de 3 ères, une ère de ressources rares, une nouvelle ère climatique et une nouvelle ère écologique. Entre ces trois ères, une compétition s’est engagée et d’après les spécialistes de l’environnement, nous partons avec trois longueurs de retard.
Une ère de ressources rares.
La conjonction d’une augmentation forte de la population et d’une industrialisation galopante, entraîne une consommation de plus en plus importantes des ressources de la planète telles que : l’eau, les céréales, les énergies fossiles, les minerais, le bois … Au rythme où vont les choses : la biodiversité, les forêts, les terres cultivables seront bientôt à classer dans la catégorie des ressources rares.
Une nouvelle ère climatique.
Le réchauffement climatique est inédit par sa vitesse et son ampleur. La cause principale est une augmentation de la concentration des gaz à effet de serre. Il nous fait entrer dans une nouvelle ère climatique dont les conséquences sont déjà visibles : la fonte des glaces polaires, l’augmentation des catastrophes, des vagues de chaleur et de sécheresse, la désertification …
Une nouvelle ère écologique.
Une prise de conscience est en train de s’opérer à travers le monde, elle progresse et gagne progressivement du terrain. Mais ce qui nous manque le plus aujourd’hui, ce n’est pas tant les idées, les solutions ou la volonté, c’est surtout le temps. Le temps pour les mettre en œuvre et entraîner tout le monde. Il est donc urgent d’accélérer.
Extrait du livre : La stratégie d’Hugo
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Pour un avenir durable, un progrès mesuré
4.7.2008 par Hugues.
Extrait du livre La stratégie d’Hugo.
Cela vous paraîtra peut-être surprenant dans un site qui parle d’environnement, mais je vais faire référence au monde de l’entreprise. A son échelle, une entreprise est confrontée aux mêmes problèmes que la Terre aujourd’hui : une raréfaction des ressources (argent, approvisionnement en matière première, en énergie …), un climat qui se dégrade (le climat des affaires qui se durcit), un management des différentes directions parfois difficile (le management des différents pays), le choix d’une stratégie pour un développement durable (idem), la gestion des stocks (les stocks alimentaires, énergétiques …), le recouvrement des factures (les impôts), le problème des déchets (idem) … Je pourrais continuer pendant trois à quatre pages, tant les similitudes sont nombreuses.
Une différence : les sociétés naissent et disparaissent depuis des centaines d’années. Certaines sont plus que centenaires, d’autres déposent le bilan rapidement. En observant les raisons des échecs et des succès, l’homme en a tiré une certaine expérience et a mis au point des méthodes de gestion et de management qui ont maintenant fait leurs preuves. Pour la Terre, depuis quelques années, les résultats sont dans le rouge, tous les indicateurs vont dans le mauvais sens. Nous sommes lourdement endettés, nous entamons tous les jours une peu plus notre capital, nos stocks fondent comme neige au soleil. En réalité nous suivons le même chemin que les entreprises qui, sans réaction ou changement, déposent le bilan.
Une constante dans les sociétés qui se sont développées régulièrement depuis des années, qui ont un « développement durable », elles sont toutes adeptes d’un progrès mesuré. Dans tous les domaines, chiffre d’affaire, endettement, résultats, niveau des stocks, à tous les niveaux, directions, départements, services … elles fixent des objectifs clairs, compréhensibles par tous. Elles mettent en place les moyens de mesure qui permettent à tous de voir clairement d’où on part, quels sont les objectifs et le chemin parcouru. Un point de l’avancement est fait régulièrement avec les équipes.
Qui n’a jamais vu les indicateurs de suivi dans le genre de celui-ci ?
En termes d’environnement, connaissez-vous les objectifs qui nous sont fixés, sont-ils clairs ? Avez-vous déjà vu des graphiques qui montrent où on en est (niveau de CO2, taux de recyclage, réduction de la consommation d’énergie …) ? Au niveau mondial, au niveau de votre pays, de votre région, de votre ville ? Recevez-vous régulièrement un tableau avec des graphiques (les mêmes d’un mois ou d’un trimestre sur l’autre) qui vous montrent clairement d’où l’on vient, les objectifs, le chemin parcouru, qui vous listent les actions en cours, qui vous expliquent votre contribution … ? Pour l’instant, ça n’existe guère.
Autre intérêt de suivre un sujet précis avec cette méthode, c’est l’accélération. Lorsqu’un problème doit-être résolu, l’expérience montre que le seul fait de fixer des objectifs clairs, de mettre en place des tableaux de suivi, agit sur le problème et accélère sa résolution.
Si nous voulons accélérer, il faut que rapidement, au niveau de chaque pays, chaque région, ville, village les objectifs clairs soient fixés (ils commencent à l’être), mais surtout que les moyens de mesure et d’information régulière soient mis en place.
En résumé, si nous voulons progresser rapidement dans le domaine de l’environnement, il faut fixer des objectifs clairs compréhensibles par tous et mesurer les progrès.
Pour un avenir durable, un progrès mesuré.
Mettre en place de tels indicateurs : évolution des émissions de CO2, progression des ventes de produits bio, taux de recyclage … au niveau national ou régional, est de la responsabilité des gouvernements, des entreprises ou des collectivités. En tant que simples particuliers nous ne pouvons rien faire.
Par contre, nous appliquons cette devise à notre projet. Nous mesurons le chemin parcouru au travers de différents indicateurs (la fréquentation du site, le nombre de téléchargements…) mis en ligne sur notre blog.
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Livre : La stratégie d’Hugo
4.7.2008 par Hugues.
Le livre La stratégie d’Hugo présente une méthode simple pour progresser sur le chemin de l’éco-citoyenneté et de l’engagement personnel.
Préface de Guy Petit, président de l’association Bouchons d’amour
Il y a parfois des rendez-vous qu’il ne faut pas rater. Celui que nous avons aujourd’hui avec la Terre est de la plus haute importance, il conditionne tout simplement notre avenir. La Terre n’en peut plus et nous le fait savoir : réchauffement climatique, catastrophes, raréfaction des ressources, désertification … La crise est devant nous, il va nous falloir l’affronter.
Que faire ? Nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, à l’origine du problème : entreprises, particuliers, gouvernements, collectivités, associations… C’est tous ensemble que nous devons et nous pouvons le résoudre. Nous le devons pour les générations futures, nous le pouvons car les solutions existent : certains produits ou services plus respectueux de l’environnement commencent à se diffuser, d’autres sont encore dans les cartons ou en phase de test, les bons gestes commencent à être connus. Une prise de conscience existe, les initiatives et projets sont de plus en plus nombreux, les énergies se sont mises en marche. Cette dynamique est porteuse d’espoir. Nous avons connu la révolution industrielle, nous allons connaître, je l’espère, la révolution verte, une nouvelle ère écologique comme le suggère les auteurs.
Mais il y a urgence en matière de préservation de l’environnement, nous partons de zéro ou presque. Ce qui nous manque le plus aujourd’hui, ce n’est pas tant les idées, les solutions ou la volonté, c’est surtout le temps. Le temps pour les mettre en œuvre et entraîner tout le monde. La raréfaction des ressources, le réchauffement climatique ne nous laisseront pas de répits. Il nous faut donc accélérer cette nouvelle ère écologique. Comment ? C’est justement la stratégie que vous proposent les auteurs. Le problème est extraordinairement complexe, leurs propositions sont extrêmement simples. L’avenir est inquiétant, leur approche est originale, plaisante, point comme les autres selon leur expression.
Comme vous le découvrirez, la stratégie qu’ils proposent fonctionne avec des énergies renouvelables, disponibles à travers le monde. Qui peut le construire ? Moi, vous, nous tous. Comment le met-on en route ? Il nous faut juste la volonté d’en parler ensemble. Soyons les acteurs du changement ! Car lorsque les choses bougeront par la contrainte, il sera trop tard. Le message des auteurs est simple, court, il tient en trois mots : « fête la Terre ». Nous pouvons encore choisir cette approche. Il y a parfois des messages qu’il faut savoir écouter.
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C’est la fête au village
4.7.2008 par Hugues.
Extrait du livre Le scénario Titanic
Selon H.M. McLuhan Herbert (Marshall McLuhan, sociologue canadien), « de toutes parts nous parvient l’information à vitesse accélérée, à vitesse électronique. On dirait que nous faisons tous partie d’un petit village mondial ». Partons de son hypothèse. Un village ça a une vie, rythmée par les saisons, les coutumes … Quel instant de la vie de notre village mondial sommes-nous entrain de vivre aujourd’hui ? Je dirais que c’est la fête au village. Bon, nous ne sommes pas tout à fait dans un village, mais dans une ville d’environ 100000 habitants (un village comparé au reste du monde), Annecy, en Haute-Savoie, à 40 km de Genève. Une ville très connue pour son lac, ses montagnes, sa vieille ville et ses fameuses fêtes du lac. Elles se tiennent tous les ans, le premier samedi d’août. C’est un spectacle pyrotechnique qui se déroule sur le lac, au niveau d’un grand parc de verdure, quasiment en centre-ville.
Ces fêtes nécessitent plus d’un an de préparation. Les feux d’artifice sont conçus, fabriqués et stockés de longs mois à l’avance. Puis quelques semaines avant l’évènement, courant juillet, des pontons sont progressivement installés sur le lac pour accueillir tous les feux d’artifice. Des tribunes sont également montées dans le parc pour accueillir les spectateurs. Ce travail est physique et prend plusieurs semaines. Ensuite, pendant quelques jours, la sono, les éclairages, tous les circuits électriques sont mis en place. Le spectacle est payant, aussi des palissades et des barrières sont installées tout autour du parc pour former un espace clos aux entrées duquel les tickets peuvent être contrôlés.
Les tribunes centrales, les mieux positionnées, accueillent les officiels, les notables … et les places les plus chères. Plus vous vous éloignez de part et d’autres de la tribune centrale, moins les places sont chères, mais moins bien vous êtes placés. Les spectateurs paient et se placent, en fonction de leurs moyens.
A l’extérieur du parc clos, les places sont gratuites, mais vous êtes alors nettement plus loin et pas forcément très bien placés pour admirer l’ensemble du spectacle. J’ai assisté aux fêtes du lac depuis les tribunes centrales, depuis celles sur les côtés, mais aussi depuis l’extérieur. Les ambiances sont totalement différentes. Elles vont du plutôt guindé sur les tribunes centrales au festif et populaire autour du lac.
Le jour J, en fin d’après-midi, les spectateurs sont accueillis. A l’entrée, vous devez présenter votre sésame (le billet) et, après trois contrôles, vous accédez à votre place. Quelques resquilleurs, peu nombreux, passent par-dessus les palissades. Certains, plus malins, viennent en bateau sur le lac et se placent face aux tribunes centrales, donc idéalement pour profiter au mieux du spectacle. Pour eux c’est gratuit, tout le monde les voit, mais personne n’ira se mouiller pour les en déloger.
Compte tenu du nombre de spectateurs (plusieurs dizaines de milliers payants et dix fois plus autour du lac), il faut plus de deux heures pour mettre en place tout le monde. Pour faire patienter les spectateurs, un petit intermède est donné sur l’eau. La pénombre s’installe alors, puis c’est bientôt la nuit noire. Peut enfin commencer, ce que tout le monde attend, le feu d’artifice. Il va durer pratiquement deux heures.
Suivant les années, le thème du spectacle est différent, mais le principe de base est toujours le même : différentes scènes pyrotechniques, entrecoupées de pauses narrées, une montée en puissance progressive, puis en tout dernier, le clou du spectacle, le bouquet final.
C’est un feu d’artifice, ça tout le monde connait, mais celui-ci est remarquable par son ampleur, sa durée, la diversité et la qualité de ses feux. Les meilleurs artificiers se disputent l’organisation de l’évènement. Je ne vous décris pas les scènes, nous y reviendrons plus tard dans ce chapitre. La configuration des lieux est idéale et la fumée dégagée par tous les tirs part soit en direction du lac, soit vers les rives, là où s’amassent les spectateurs qui n’ont pas payé. Elle revient assez rarement vers les tribunes.
On a beau être habitué, le spectacle est merveilleux ; à chaque scène, vous ne savez plus où donner de la tête. Vous êtes captivé par cette féérie de couleurs et de sons. Vous ne pensez plus qu’à l’instant présent, en espérant que cela dure le plus longtemps possible. A la fin de chaque scène, vous avez un petit pincement au cœur, vous vous demandez si c’est terminé, si oui ou non le spectacle va repartir de plus belle. Puis vient le bouquet final, c’est alors une débauche de puissance, de couleurs, de sons. C’est à la fois éblouissant, assourdissant et hypnotisant.
Enfin, tout s’arrête, les lumières se rallument dans les gradins et les allées. Les gens, un peu groggy, hébétés par tant de débauche, se lèvent avec regret, rassemblent leurs affaires. Certains serrent leurs enfants dans les bras et prennent la direction de la sortie. C’est un peu la bousculade, les mines sont tristes, on revient brutalement à la vie réelle dans les énormes embouteillages que crée cet évènement. Les gradins se vident rapidement. Quelques petits groupes s’attardent à discuter. Des équipes commencent le soir même à démonter le matériel le plus sensible. Puis la nuit tombe sur le parc lorsque les lumières s’éteignent. Le lendemain matin à l’aube, c’est un champ de détritus et de déchets qui attend les équipes de la mairie qui démontent les palissades et remettent en état le parc. Pendant les jours qui suivent, des équipes viennent démonter les gradins et les supports sur l’eau. Après quelques jours, le parc retrouve sa vie normale. Comme pour les fêtes du lac d’Annecy, la fête de notre village mondial s’est préparée il y a fort longtemps, lorsque le pétrole, le gaz et le charbon se sont formés et stockés dans les sous-sols de la Terre. Puis, il y a quelques milliers d’années, l’homme est apparu. La population mondiale est restée sous la barre des 1 milliard d’individus jusque dans les années 1850. Depuis cent cinquante ans, 5,5 milliards d’individus supplémentaires se sont « invités » sur Terre. S’ils ont pu être accueillis, c’est grâce aux progrès réalisés par l’homme dans tous les domaines, aux savoirs et connaissances accumulés pendant des siècles, mais aussi aux infrastructures patiemment bâties. Ces progrès, ces connaissances, ces infrastructures sont les fondations sur lesquelles « prennent place » nos sociétés modernes. Tout comme la mise en place des tribunes, sur plusieurs semaines de travail. Un travail physique qui débouche sur des bases suffisamment solides sur lesquelles prennent place les spectateurs, juste avant le spectacle.
L’espace clos qui est mis en place les derniers jours nous fait penser aux frontières des pays développés, pays les plus gros consommateurs d’énergies fossiles (60% pour 20% de la population mondiale). La fête, ce sont surtout ces pays qui en profitent. Les tribunes centrales accueillent les pays du G8, les autres pays se positionnant tout autour. Les pays en voie de développement ou sous-développés n’entrent pas dans cet espace et restent autour du lac. Ils voient le spectacle de loin. L’ambiance différente entre les tribunes centrales et le tour du lac est similaire aux cultures différentes selon les régions du globe, avec une constante : les populations se concentrent sur les rivages.
L’ère industrielle débute le jour J, quelques heures avant le spectacle. On a découvert le pétrole, le charbon, on commence à savoir les utiliser. La population commence à croître plus rapidement, tout comme les tribunes qui se remplissent progressivement. L’électricité, la radio font leur apparition (la sonorisation). Le monde commence doucement à utiliser les énergies fossiles, c’est le début du spectacle, celui qui nous fait patienter. La pénombre s’installe et symbolise notre dépendance de plus en plus forte vis-à-vis de ces formes d’énergie. Arrêter aujourd’hui une centrale électrique ou l’alimentation en carburant revient à figer nos sociétés modernes, à plonger dans le noir toute la population comme le sont les spectateurs au début du spectacle. Les contrôles aux frontières, le visa, la carte d’identité, l’immigration clandestine, autant de similitudes avec les contrôles à l’entrée du spectacle. Les resquilleurs malins qui viennent en bateau ? C’est une « belle image » de la pègre, des mafias et trafiquants de tous bords. On sait qu’ils sont là, ils sont idéalement placés pour profiter gratuitement du spectacle, parfois ils sont même bien connus et ceux qui veulent les déloger doivent se mouiller et prendre des risques. Les dernières cent cinquante années se sont déroulées comme un spectacle pyrotechnique. Différentes scènes, une montée en puissance progressive entrecoupée de pauses. Des périodes de croissance et de progrès (les scènes) et des périodes de crises et de guerres (les pauses) pendant lesquelles tout semble s’arrêter.
Au sein de chaque scène, les feux d’artifice figurent toutes les innovations, créations, progrès, que nous avons réalisés grâce à l’utilisation des énergies fossiles. Elles sont multiples, simultanées, assourdissantes. Dans tout ce vacarme, certains tirs sont remarquables car ils permettent de faire des progrès considérables dans des domaines comme la santé, le confort, l’alimentation, la lutte contre la pauvreté … D’autres présentent moins d’intérêt, on gaspille, mais ils font partis du spectacle.
Qu’ils soient utiles ou non, tous les feux s’entremêlent et participent à la fête. Certains commencent par un puissant tir (un boum) qui propulse dans le ciel une sorte de fusée qui éclate sous forme d’une grosse boule constituée de millions d’étincelles. Elles redescendent vers le sol en se consumant plus ou moins rapidement. Ces tirs sont semblables à une innovation, au lancement d’un nouveau produit, diffusé à grande échelle. Une grande débauche d’énergies pour le lancer, une diffusion à des millions d’exemplaires. Puis pour certains, aussitôt produits et achetés, ils se consument et s’éteignent avant de toucher le sol, oubliés ou déjà dépassés par le tir suivant. Utiles ou futiles, on parle de boum de l’informatique, de l’aviation commerciale, de la télévision, des caméscopes, de la téléphonie mobile, de la voiture, des écrans plats coins carrés, des baladeurs … Chaque progrès, chaque boum, se fait en consommant les énergies fossiles en puisant dans les réserves de feu d’artifice. Les médias modernes de communication (télévision, radios, presse, internet …) nous permettent d’assister à ce spectacle mondial, depuis chez nous, comme si nous étions dans les tribunes.
Les pollutions (les fumées), générées par nos sociétés développées modernes, envahissent toute la planète et provoquent parfois des dégâts à des milliers de kilomètres (comme les pollutions constatées au niveau des pôles par exemple, ou les désertifications en Afrique dues au réchauffement climatique). Parfois, la fumée revient vers nous, Tchernobil, crise de la vache folle, marées noires, pluies acides … Le spectacle auquel nous assistons aujourd’hui est merveilleux, nous ne savons plus où donner de la tête. Tout va très vite. Chaque jour amène son lot de nouveaux produits, de services, d’innovations, de modes. Les progrès sont fulgurants et tout semble s’accélérer … Nous vivons intensément l’instant présent, comme hypnotisés par ce qui se passe autour de nous. Nous en oublions de penser à demain, de penser à l’avenir. Si nous savons que les énergies fossiles sont épuisables, nous espérons que la fête va durer éternellement, comme nous aimerions qu’un feu d’artifice dure jusqu’au petit matin. A quelle scène du spectacle en sommes-nous aujourd’hui ? Peut-être juste avant la prochaine pause, la prochaine crise ? Nous sentons bien que le bouquet final approche, mais tout à notre engourdissement, émerveillé devant tant de confort de vie, saurons-nous résister à la fascination qu’il exerce ?
Là s’arrête la comparaison, ici commencent l’interprétation et la prospective. Elle n’engage que moi. Si le village mondial dans lequel nous vivons est bien entrain de vivre sa période de fête et suit le schéma des fêtes du lac, nous, nos enfants ou nos petits-enfants assisteront un jour au bouquet final. Une débauche monstrueuse d’énergies qui débouchera sur un arrêt brutal. Mal préparés à la raréfaction des énergies fossiles, trop dépendant du pétrole, du gaz et du charbon, les hommes seront plongés dans la nuit noire. Des lumières blafardes s’allumeront dans les tribunes et les allées, chacun prendra ses affaires, serrera dans ses bras ses enfants et ce sera la plus grande bousculade de tous les temps. La population diminuera très rapidement. Certains récupéreront ce qui a de la valeur. Quelques groupes resteront, puis une longue nuit noire tombera sur la Terre. Lorsque le jour reviendra, un gros travail de nettoyage attendra les générations futures. Comme le suggère Jacques Attali dans son livre Une brève histoire de l’avenir, les frontières disparaîtront (le démontage des palissades), la population mondiale sera moins dense et s’ouvrira une période de recyclage de certaines de nos installations devenues inutiles, comme le démontage des gradins sur plusieurs jours. On parlera sans doute longtemps de cette période de « fêtes ». Dans son livre La grande illusion de la technique. Manifeste pour une développement durable, éditions Jouvence, Jacques Neirynck arrive à la même conclusion. Un autre scénario est pourtant envisageable, tout « simplement » tirer moins rapidement le feu d’artifice, pour faire la fête jusqu’au petit matin. Amener l’ensemble des spectateurs jusqu’au lever du soleil, jusqu’à l’avènement des énergies propres et d’une société de modération. Ce serait la fin des artifices et l’homme redécouvrirait la beauté du spectacle de la nature, comme l’est un lever de soleil sur le lac d’Annecy.
NB : et le réchauffement climatique dans tout cela ? Eh bien, en 2004, pendant le spectacle, les conditions météorologiques se sont dégradées, la pluie s’est mise à tomber. Les installations permettant de déclencher les tirs ont pris l’eau et le bouquet final n’a pas pu être tiré. Les spectateurs étaient furieux. Les tribunes se sont vidées avant l’heure…
Présentation du livre & préface Les autres métaphores
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Le scénario Titanic, les métaphores
4.7.2008 par Hugues.
Chaque thème du livre est accompagné d’une ou plusieurs métaphores.
Métaphore, définition du Larousse :
Procédé par lequel on substitue à la signification d’un mot ou d’un groupe de mots une autre signification qui s’y rapporte en vertu d’une analogie ou d’une comparaison implicite.
Métaphore, définition d’Hugo :
Nos métaphores sont comme des jumelles. Inversées, donc rétrécissant, elles nous permettent de voir la Terre avec un autre regard. Dans le bon sens (et avec du bon sens), elles nous permettent de voir loin et d’observer l’avenir.
Liste des thèmes du livre.
La croissance de la population mondiale.
Le post-it.
Les ressources énergétiques.
Le syndrome du cumulus : La famille Durand est en vacances dans sa maison de campagne. C’est la fin de la journée, il est l’heure de prendre la douche… Cette métaphore illustre ce qui risque d’arriver aux générations futures si nous ne prenons pas la voie du développement durable.
Le naufrage du Titanic : Treize questions sur le naufrage, les raisons, les conséquences… treize similitudes troublantes avec le pic de production du pétrole. Aux dires des lecteurs, c’est la métaphore la plus forte du livre. La plus forte, car elle peut s’appliquer également aux ressources en eau et de façon plus large à nos modes de vie actuels.
Le réchauffement climatique.
L’inertie des masses : La famille Durand rentre de week-end. Soucieuse de l’environnement, Madame avait baissé le chauffage vendredi soir avant de partir. Il fait donc 15° dans la maison. Madame qui maîtrise parfaitement le réglage du chauffage, met le thermostat sur 3 afin de ramener la température dans la maison à 19°… Parallèle entre le réglage du thermostat et le réchauffement climatique.
Bidibulle et équilibre climatique : Depuis des millions d’années, le climat de la Terre oscille entre des périodes de glaciation et des périodes de climat plus tempéré. Le climat oscille entre « le froid et le chaud » comme un énorme bidibulle qui se balancerait de gauche à droite avec une période de battement de plusieurs millions d’années… Métaphore illustrant les risques d’emballement climatique.
Une pluie d’orage : Il y a quelques jours, pendant une période de canicule, nous sommes allés nous promener au bord du lac tout proche, avec ma femme et mes enfants, histoire de trouver un peu de fraîcheur. C’était une journée d’été très chaude, comme nous en connaissons de plus en plus souvent. Le goudron sur lequel nous marchions était brûlant… Métaphore illustrant les risques de multiplication des accidents climatiques engendrés par le réchauffement climatique et notre capacité à porter secours, à reconstruire.
La biodiversité.
Un chalet à la montagne : La biodiversité c’est un peu comme un énorme chalet en bois en pleine montagne. Nous y habitons depuis fort longtemps, il nous abrite et nous y trouvons notre nourriture. Nous n’avons plus les plans de construction, nous n’en connaissons pas toutes les pièces et nous ne comprenons qu’une partie de l’architecture…
La déforestation et la désertification.
Exercice de voyance : Parallèle entre la fragilisation des forêts de l’hexagone et une déforestation qui m’a marqué il y a de cela quelques années.
Rasoir jetable trois lames : Illustration des conséquences de vagues de canicules à répétition. Synthèse de l’état des lieux.
Synthèse de l’état des lieux.
C’est la fête au village : Selon H.M. McLuhan , « de toutes parts nous parvient l’information à vitesse accélérée, à vitesse électronique. On dirait que nous faisons tous partie d’un petit village mondial ». Partons de son hypothèse. Un village ça a une vie, rythmée par les saisons, les coutumes … Quel instant de la vie de notre village mondial sommes-nous entrain de vivre aujourd’hui ? Je dirais que c’est la fête au village… Parallèle entre les fêtes du lac d’Annecy et la période que nous sommes en train de vivre aujourd’hui sur Terre. Lire ce chapitre en ligne.
Voyage de fin d’études : Nous sommes en juin, vos enfants terminent l’année scolaire et ont la chance de partir à l’étranger. La fête de l’école ayant bien marché, l’association des parents d’élèves a pu payer les billets à tous les parents. Vous allez donc les accompagner. Métaphore illustrant les risques que nous prenons aujourd’hui dans l’avion Terre, affrété par la compagnie Air Environnement, à destination de Nextgénération, avec nos enfants à bord.
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Livre : Le scénario Titanic
4.7.2008 par Hugues.
Le scénario Titanic est la première étape de la trilogie Durablement vôtre. Il est conçu comme une route qui vous permet de découvrir l’état de la Terre. Cette route vous fait passer par des thèmes importants comme les ressources énergétiques ou alimentaires, les problèmes de l’eau, le réchauffement climatique, la biodiversité, la déforestation … Pour chaque thème je vous donne les chiffres-clés et je vous fais découvrir mon point de vue grâce à des métaphores. Elles sont pour moi comme des jumelles qui permettent de changer les échelles d’espace et de temps, afin de mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui sur Terre. Avec ce voyage, vous partagez mes craintes et mes interrogations quant à l’avenir de mes enfants, de nos enfants, notre avenir.
Ce livre est paru aux éditions Jouvence dans la collection Savoir et Agir pour ce Siècle.
Lien vers le site de l’éditeur. Voir les métaphores.
Lire en ligne le chapitre : C’est la fête au village.
Préface de Pierre Rabhi
La relation entre l’espèce humaine et ce que nous appelons d’une façon approximative la nature n’a probablement jamais été l’objet de débats aussi intenses qu’aujourd’hui. Cela s’explique par l’ambiguïté, la complexité et le poids d’un contentieux dont la résolution ou la non-résolution s’avère décisive. Ce débat monte en puissance et commence à dépasser les éternelles controverses entre les experts, de plus en plus nombreux, pour lesquels les dérèglements climatiques et autres dysfonctionnements écologiques sont dus à l’évidence aux inconséquences humaines, et les experts sceptiques, de moins en moins nombreux, pour lesquels tout cela n’est qu’exagération sans fondement. Certains parmi ces derniers, sans doute pour tranquilliser les esprits, invoquent la science comme la déesse salvatrice capable selon eux de résoudre tous les problèmes, y compris ceux qui lui sont directement imputables. Le citoyen ordinaire sans qualification essaie quant à lui de comprendre, de ressentir, de croire ou ne pas croire dans un climat d’appréhension, entre doutes et espoirs.
Les observations scientifiques les plus rigoureuses mettent en évidence des faits incontestables et la subjectivité humaine des éléments irrationnels, sans compter les intérêts particuliers, économiques ou autres qui pèsent sur les décisions. Ainsi, les résolutions urgentes et radicales que nécessite absolument une problématique très déterminante pour l’avenir sont-elles sans cesse ajournées. Tout au plus sommes-nous témoins de quelques dispositions souvent démagogiques dont l’effet le plus pernicieux et de laisser croire à l’opinion que les décideurs prennent en compte la problématique et vont lui donner des solutions. Cela risque de prolonger la somnolence et l’indolence générale, face à une question d’une ampleur considérable.
Le scénario Titanic d’Hugues Gosset-Roux invite d’urgence chacune et chacun de nous à nous libérer du sentiment d’impuissance tendant à faire de nous des victimes paralysées, pour devenir des bâtisseurs d’une ère écologique qui ne peut plus se suffire de doctes analyses et de constats alarmants. Nous sommes appelés à incarner des solutions, à les matérialiser, pour les rendre crédibles et donc reproductibles, et positivement contagieuses. Ce n’est qu’à cette condition d’une mobilisation générale des consciences et des volontés que l’on pourra éviter la collision du navire du destin collectif, contre l’iceberg érigé par nos innombrables transgressions dues au mépris ou à l’ignorance des règles les plus élémentaires de la vie. Ce n’est plus la seule partie émergée qui s’élève aujourd’hui en travers du chemin. Nous sommes face à une déconvenue et à une sorte d’ultimatum irrévocable qui nous fait obligation de changer pour ne pas disparaître.
Ce Scénario Titanic est construit avec des métaphores, des anecdotes graves ou humoristiques, des réflexions, des informations, pour aboutir à des dispositions pertinentes, afin de sortir de l’ornière. Il permet à tous ceux qui en ressentent la nécessité et l’urgence de trouver leur place dans un vaste chantier de réhabilitation de la vie et de nos vies. Merci à Hugues Gosset-Roux pour sa précieuse contribution.
Pierre Rabhi
Le site de Pierre Rabhi. www.mouvement-th.org
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Des extraits du livre sont en ligne avec l’aimable autorisation de M. Jacques Maire, l’éditeur.
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Remerciements
4.7.2008 par Hugues.
Le projet “Hugo” m’a amené a rencontrer beaucoup de personnes. Des convaincus, engagés dans le domaine de l’environnement. Une caractéristique, ils ne comptent ni leur temps pour cette cause, ni leur temps pour vous aider et vous conseiller. Voir les soutiens au projet.
Une mention spéciale pour M. Jacques Maire, mon éditeur. Il m’a beaucoup aidé dans ce projet et m’a consacré beaucoup de son temps. Des extraits du livre le scénario Titanic sont en ligne avec son aimable autorisation.
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